La dette est un instrument de domination. C’est l’autre nom de la relation toxique de l’État avec les marchés financiers. C’est aussi une vieille tactique pour nous faire avaler l’austérité. Nous ne devons rien! Un gouvernement qui s’en prend à la culture, à la petite enfance, à l’enseignement et à l’aide à la jeunesse est un gouvernement qui doit tomber!
En début d’année, je répondai à l’invitation de collectifs belges en lutte, pour réfléchir ensemble au discours gouvernementaux qui veulent nous faire croire qu’il « faut faire des sacrifices » en coupant dans les dépenses publiques qui touchent essentiellement l’enfance et la jeunesse, et donc l’avenir de la société. Dans cette vidéo, on échange avec Alice de l’Ecole en lutte, on parle des mécanismes de la dette (avec un zoom local, à propos des finances de la Fédération Wallonie Bruxelles* qui gère notamment le budget de l’enseignement belge francophone), des discours austéritaires, de la bourgeoisie** qui ne contribue pas et refuse le principe de redistribution grâce au soutien indéfectible de l’Etat à l’accumulation capitaliste, des 5000 d’histoires d’annulation de dettes*** qui nous offrent une possible voie de sortie, et d’autres choses encore.
Suite à cette discussion, j’ai écris un texte qui a été publiée par l’association « Changement pour l’égalité » et leur revue « TRACeS » sous le titre « Le Spectre de la dette« .
* Pour les lecteurices de Belgique (et les autres francophones curieux.ses de ce qu’il se passe dans ce pays) : voir le rapport publié par les économistes Clarisse Van Tichelen et Etienne Lebeau, intitulé « Contre-rapport sur la dette de la Fédération Wallonie Bruxelles« . C’est très bien, et très utile pour se défendre contre les discours dominants qu’on entend répétés à l’envi jusque dans les cafés malgré leur non-sens et leur très claire orientation de classe (au bénéfice exclusif de ceux qui possèdent du capital).
** J’utilise bourgeoisie au sens proposé par Nicolas Framont dans son livre « Parasites« , par opposition à sous-bourgeoisie et petite bourgeoisie.
*** Je fais ici encore référence au livre de l’anthropologue et militant anarchiste étatsuniens David Graeber, 5000 ans d’histoire de la dette. J’avoue, c’est une somme, et je n’en ai lu que des passages et une analyse disponible ici, et c’est déjà très bien : https://www.cultureetdemocratie.be/articles/dette-5000-ans-dhistoire-david-graeber